Jérémie porte le deuil de Me Mercier Josma, forgeur de ses élites

mDepuis la veillée funèbre en hommage au poète Émile Roumer, il y a des lustres, longtemps que Jérémie n’a pas vécu un événement susceptible de rassembler tous ses fils. Le décès de Me Mercier Josma, un homme aux multiples facettes, ex-instituteur, préfet, juge, avocat intègre, père de famille dévoué, amant des plaisirs champêtres, a ému toute la ville qui a réalisé une soirée d’hommage posthume à l’École supérieure catholique de Droit de Jérémie (ESCDROJ).

La veillée ou plutôt la soirée d’hommage posthume à Me Mercier Josma, décédé le 9 avril 2015 des suites d’une longue maladie, a réuni tout le gratin de la ville de Jérémie, le mercredi 15 avril, à l’École supérieure catholique de droit de Jérémie (ESCDROJ). Le doyen du tribunal, des juges, le commissaire du gouvernement et ses substituts, des avocats, des enseignants, d’autres professionnels, des étudiants… sont venus supporter les membres de la famille du défunt dont plusieurs générations de professionnels portent l’empreinte indélébile.

Un père intellectuel, un avocat intègre

Chaque intervenant, dans sa superbe ou dans sa simplicité, témoignera que Jérémie, à travers Me Mercier Josma, a perdu un père intellectuel, un échantillon d’homme rare. Dans une première tentative ce soir-là, le doyen du tribunal, Me Kesner Numa, s’approcha du micro en voulant se montrer stoïque. Mais, la gorge nouée, il ne put achever sa phrase. Et c’est en larmes, aidé de quelqu’un, qu’il se retira en criant : « Il fut mon père ! ». En fin de soirée, il a pu se contenir pour témoigner à l’assistance ce qu’il doit, ce que la ville doit au disparu.

Avant lui, à peu près dans les mêmes termes, Me Roosvelt Charles, avocat, ex-stagiaire au cabinet du défunt; Me Richardson Philippe, avocat et directeur du bureau régional de la DGI; Me Bergemane Sylvain, substitut du commissaire du gouvernement; Me François Finey, juge au tribunal de première instance; le révérend père Jomanas Eustache, et Marie Liphète Anovil, Natacha Boyer, respectivement doyen,porte-parole de la 4e année et diplômée de l’ESCDROJ, tous ont fait ressortir l’intégrité de l’homme qui a donné à la profession d’avocat son vrai sens dans le département de la Grand’Anse. Il s’est littéralement dévoué, sans prioriser le profit, à défendre la cause de la veuve et de l’orphelin, notamment à défendre des clients dont des cliques veulent toujours ravir les propriétés. Il n’y a pas mieux que lui, en effet, à travers toute la Grand’Anse, pour évoluer à travers les méandres du droit et de la procédure civils qu’il a enseignés auparavant à l’École libre de droit et, jusqu’à sa mort, à l’ESCDROJ.

Avant lui, à peu près dans les mêmes termes, Me Roosvelt Charles, avocat, ex-stagiaire au cabinet du défunt; Me Richardson Philippe, avocat et directeur du bureau régional de la DGI; Me Bergemane Sylvain, substitut du commissaire du gouvernement; Me François Finey, juge au tribunal de première instance; le révérend père Jomanas Eustache, et Marie Liphète Anovil, Natacha Boyer, respectivement doyen,porte-parole de la 4e année et diplômée de l’ESCDROJ, tous ont fait ressortir l’intégrité de l’homme qui a donné à la profession d’avocat son vrai sens dans le département de la Grand’Anse. Il s’est littéralement dévoué, sans prioriser le profit, à défendre la cause de la veuve et de l’orphelin, notamment à défendre des clients dont des cliques veulent toujours ravir les propriétés. Il n’y a pas mieux que lui, en effet, à travers toute la Grand’Anse, pour évoluer à travers les méandres du droit et de la procédure civils qu’il a enseignés auparavant à l’École libre de droit et, jusqu’à sa mort, à l’ESCDROJ.

Un homme resté simple et modeste

L’homme, selon les témoignages recueillis ce soir-là, n’a jamais oublié ses origines modestes. D’où sa proximité avec les gens de même condition, en particulier les paysans. Né le 14 août 1926, il s’est formé chez les Frères de l’instruction chrétienne et au Lycée Nord-Alexis. Ce futur avocat, redoutable adversaire, dont le verbe simple, clair, limpide mais tranchant a toujours enchanté le prétoire, s’est adonné à l’ébénisterie avant de devenir instituteur en milieu rural, par voie de concours, en 1946.

 

A ce titre, il a roulé sa bosse dans plusieurs communes du département avant d’être promu directeur d’une école nationale. Cela ne le satisfait pas. En 1965, il boucle ses études à l’École Libre de Droit de Jérémie et prête serment comme avocat-stagiaire. Il deviendra franc-maçon et fut tour à tour maire, juge d’instruction et, en 1986, préfet (actuel délégué départemental). Sans se laisser intimider ou asservir par le régime des Duvalier, plus avocat que politicien aveugle, il a épousé, à l’époque, la cause des jeunes aux prises avec le pouvoir.

L’assistance, à l’ESCDROJ, ce mercredi 15 avril, et ceux qui le connaissaient, ont retenu de Me Mercier Josma un homme de principe, resté simple, doué d’humilité et attaché à des valeurs, telles la probité, l’honnêteté, la loyauté. Il était un fervent admirateur de la langue française dont il a enseigné les subtilités au collège Etzer Vilaire, romantique, amant de la poésie et du plaisir sain. L’un de ses textes favoris a été lu ce soir-là : Le Lac, de Lamartine, et aussi, comme il avait accueilli sa maladie avec sérénité, « La mort du Loup », de Vigny.

Si quelqu’un débarque à Jérémie et, se retrouvant à la salle d’audience du tribunal de première instance, entend un avocat, refusant de hausser le ton, s’exprimer avec éloquence, finesse, tout en restant clair, précis et concis, il reconnaîtra le « Josmarisme », le style de celui qui a fait école, Mercier Josma. L’homme, certainement, ne connaîtra pas le sort des marins déplorés par Victor Hugo dans son fameux Oceano Nox, dit ce soir-là par une adolescente.

 

Source : Le Nouvelliste